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La dernière semaine a été marquée par des visites plutôt chics ici à Moscou. Je me devais donc être à mon meilleur pour visiter un théâtre et une salle de concert… belle excuse pour aller magasiner !

Me voici donc dans une de mes (3) nouvelles robes, achetées dans un « pérérod », c’est-à-dire un passage souterrain permettant de traverser la rue en toute sécurité.

Tenue de ville

Pour en revenir aux choses sérieuses, je n’ai pas beaucoup de visuel à vous offrir pour deux raisons : 1) il fait encore froid donc impossible de prendre des photos à l’extérieur et 2) je ne peux jamais prendre de photos à l’intérieur des endroits chics.

Mais je vais quand même vous raconter en mots les lieux mondains que j’ai visité. Mercredi dernier, j’ai assisté à un concert de piano classique présentant des pièces de compositeurs francophones jouées par une pianiste Russe. Je ne m’y connais pas beaucoup dans ce domaine, mais j’ai particulièrement aimé l’oeuvre d’André Mathieu. Mais en plus, une amie québécoise qui réside avec nous, Lili Bilodeau (que je vous ai présenté lors du billet intitulé Une touche de poésie), est une cantatrice soprano de grand talent et elle nous a interprété de superbes chansons. La touche finale, une version opéra du Vaisseau d’or d’Émile Nelligan était un moment rempli de frissons ! J’aurai la chance de la voir en concert la semaine prochaine. J’ai même pu serrer la main d’un leader politique de l’ambassade canadienne !

Bon pour vous faire plaisir, j’ai triché un peu et j’ai pris une photo de l’endroit.

Salle de concert

Le lendemain, j’ai été voir une pièce de théâtre intitulée Diadia Vania, signifiant Oncle Vania. C’était une longue pièce (3h30 !) en russe, mais la mise en scène en valait vraiment la peine. Les acteurs étaient aussi très talentueux.

La semaine prochaine c’est la semaine de la francophonie et j’assisterai à 3 événements forts intéressants : le 16 mars ce sera la journée des conférences portant sur le Québec. Je vais parler de Paul-Émile Borduas et du Refus global. Le 17 mars c’est le lancement d’un livre de poésie québécois traduit en russe, avec la présence des auteurs et finalement le 18 c’est le concert de Lili.  Le 23, j’irai voir le spectacle le « Lac des cygnes » au théâtre du Kremlin. Pleins de belles découvertes en perspective (et d’aussi belles occasions pour remettre mes robes ;)).

Revenez visiter mon blogue à la fin de la semaine, je vous raconterai comment s’est déroulé mon « souper international ». J’aurai aussi l’occasion de vous présenter mes amis de partout dans le monde qui ont cuisiné des plats typiques de leurs pays !

Eh oui, il y a un an jour pour jour, je mettais les pieds en Russie pour la première fois. J’étais loin de me douter que c’était un événement qui allait faire de Moscou un second chez-moi, un endroit où j’allais venir vivre. Toutefois, sans le savoir, j’ai peut-être aidé un peu mon parcours. Qu’est-ce que je veux dire par ça ?

La réponse se trouve au fond de cette fontaine…

Fontaine

Pour vous expliquer, je dois vous raconter une anecdote. La première fois que je suis venue sur la place rouge avec Simon, nous avons vu cette fontaine, située à deux pas de la cathédrale St-Basile. Intriguée, je me suis penchée au-dessus et j’ai vu qu’il y avait des sous. Je me suis dit que c’était un classique : on jette des sous et on fait un voeu ! J’ai donc pris un sous noir canadien et je l’ai jeté sur la neige. Simon a décidé de passer son tour.

Plus tard, à St-Pétersbourg, nous discutions avec Marie, une jeune fille que nous avions préalablement vu à Moscou. On parle de cette rencontre dans cet article : Le dernier chapitre. Alors que nous étions avec elle et deux de ses amies, elle nous explique qu’il y a une tradition qui veut que jeter un sous dans une fontaine en Russie signifie qu’on va bientôt remettre les pieds de cette même ville… et elle avait raison ! Qui sait, peut-être que c’est le début de nombreuses visites à Moscou ?

Je profite aussi de ce message pour vous dire que j’aime beaucoup recevoir des nouvelles de mes lecteurs. Donc à tous ceux qui se « cachent », écrivez-moi un petit mot, ça me motive à publier des articles plus souvent !

Je m’inspire du titre de ma nouvelle websérie fétiche, Comment survivre aux weekends ?, pour introduire ce billet. Avant de parler de ma propre ville d’adoption, je me dois de vous suggérer cette série formidable à tous ceux qui ne la connaissent pas. Elle me permet de me sentir chez-moi à l’autre bout du monde !

Mais maintenant, vous vous demandez sûrement ce que j’entends par « survivre » ? Eh bien, après trois semaines en Russie, je commence à ressentir un léger dépaysement et je suis étonnée par certains aspects de la vie moscovite. Il me semble donc intéressant de vous faire partager un petit guide de survie… qu’il faut prendre avec le sourire.

Comment survivre…

1) … à un horaire variable, voire inexistant ?

Tout ici est compliqué, oui oui tout vraiment. Il n’existe pas vraiment d’horaire et tout le monde est libre de ses allers et venus. Vous voulez aller au département des visas ? Il est fort possible qu’il soit fermé alors qu’il devrait être ouvert sans qu’on sache trop pourquoi. Mon amie Véronique-Aimée a elle aussi écrit un billet à ce sujet dernièrement. Difficile d’y échapper, c’est un peu troublant pour nous.

À titre d’exemple plus précis, je suis allée visiter un cours d’histoire de l’art la semaine dernière. J’arrive devant la porte à 15h40, il y a deux personnes qui attendent. Je suis pas étonnée que la porte soit fermée car le cours commence à 15h45. 15h50: le professeur n’est toujours pas arrivé… et il n’arrivera pas avant 16h20. Personne ne semble vraiment surpris. Disons que cela me laisse toujours un peu perplexe. Et pour ceux qui se demandent, non je n’assisterai pas à ce cours c’était disons pas pour moi !

2) … à l’alphabet cyrillique ?

Sujet essentiel d’aborder, l’écriture cyrillique est très charmante. Mais peu de gens savent qu’il s’agit d’une vraie gymnastique mentale pour les usagers de l’écriture latine. Saviez-vous que le « H » devient « N », que le « C » devient « S », que le « P » devient « R » ? Et je ne vous parle même pas de l’écriture manuscrite où le « D » devient « G » et le « T » devient « M » et des nouvelles lettres qui s’ajoutent… Bref des heures de plaisir à se tromper de prononciation. Mon conseil ? Equipez-vous de petits étiquettes à coller sur votre clavier d’ordinateur. Moins de 5$ sur ebay et une vie beaucoup plus facile !

Une solution efficace

Une solution efficace

 

3) … à la gigantesque patinoire qu’on appelle trottoir ?

Ici, il y a de la glace partout. Le sel est interdit donc les rues sont extrêmement glissantes. C’est simple,  quand on se promène, c’est certain qu’on aura la chance de voir quelqu’un tomber sur les fesses. Seules les femmes Russes les plus tendances, portant des talons aiguilles de 2 pouces, semblent à l’aise dans cet environnement. Elles doivent avoir un truc je peux pas croire ! Mais en tout cas, je suis très fière de mes bottes à crampons qui me permettent un bien être sur cette immense patinoire.

De la glace à perte de vue

4) … à la traite des fourrures !?!

Sous-titre intriguant je le sais, mais il faut absolument que j’en parle. Ici la mode et la fourrure ne font qu’un. Vous DEVEZ portez un élément de poil sur vous pour avoir l’air dans le vent. Alors petit truc : apportez-vous un petit accessoire en fourrure et on vous prendra pour des Russes !

5) … aux « surveillants » ?

Ah les surveillants ! Que dire de plus qu’il y a quelqu’un qui vous surveille peu importe l’endroit où vous vous trouvez. Vous descendez un escalier roulant dans le métro ? C’est certain qu’il y aura quelqu’un dans la petite cabine pour vous observer. Vous visitez un musée ? À chacune des pièces où vous vous trouverez il y aura quelqu’un d’assis… ou d’endormi, cas vécu au musée d’art moderne de Moscou. Ma solution : la Russian face ! Ayez l’air le plus bête possible et tout ira pour le mieux !

Heureusement, la majorité du temps on s’amuse beaucoup ici ;). Une chance qu’il y a ma coloc et la beauté du métro !

Moi-même et Alex à la station Mayakoskaya

Jeudi soir, j’ai été invité à manger un repas traditionnel de l’Autriche préparé par mes amies originaires de ce pays. Elles avaient invité aussi trois Russes, dont une qui a aussi décidé de cuisiner un repas typique. À cela s’ajoutait 3 Québécois.  Nous étions donc huit autour de la minuscule table du 8e étage. Wow quel souper extraordinaire !

En ordre, Olivia, Alex, moi, Lili, Alla, Katia, Yannik et Svetlana derrière la caméra

En ordre : Olivia, Alex, moi, Lili, Alla, Katia, Yannick et Svetlana derrière la caméra

Svetlana apparaît à droite complètement

Disons qu’il n’y aurait pas eu de place pour cuisiner un souper québécois par manque d’espace, mais ce n’est que partie remise.

Petite parenthèse, je pense bien que la cuisine a déjà failli passer au feu, on voit des ombres de fumée sur la tapisserie !

Mais pour en revenir au sujet principal, il est essentiel que je vous parle de la nourriture qu’on a mangé. Les Autrichiennes ont préparé un kaiserschmarren, cela ressemble à une crêpe sucrée, coupée en morceau sur lequel on ajoute des fruits. C’est vraiment délicieux. Lili a même dit qu’elle trouvait que ça avait un petit goût de queue de castor et j’étais bien d’accord.

Kaiserschmarren

Repas délicieux

 

Et la compétition était tout aussi forte du côté des Russes avec un porridge et une boulette de viande, je crois que c’était du porc.

Souper à la russe

Ce souper improvisé était très agréable et quel plaisir de partager tous ensemble notre expérience ici ! D’ailleurs, ce n’était pas simple de discuter parce que nous ne parlions pas tous la même langue. Les Autrichiennes parlaient allemand, anglais et russe. Les Québécois :  français, anglais et un mini russe. Deux Russes parlaient la langue du pays évidemment et l’anglais, mais l’une d’entre elle ne parlait que le russe et l’allemand. Il fallait donc toujours changer de langue, mais c’était bien agréable.

Au cours du repas, Svetlana a d’ailleurs eu une super idée, soit celle de nous demander de préciser notre mot préféré en russe, ce qui a ajouté une touche de poésie à l’événement. La proposition est allée dans toutes les directions. Certains l’ont choisi pour le sens et d’autres pour la prononciation. Je ne me souviens pas de tous les mots en russes, mais voici les traductions :

J’ai choisi le mot искусство (Isskustvo) signifiant art

Lili : amour

Alla : pourpre

Katia : stéthoscope

Svetlana : inspiration

Yannick : pourquoi

Olivia : diversité

Alex : formidable

J’ai trouvé cette idée originale et elle m’a beaucoup fait réfléchir !

Ah je sais, j’ai été moins présente sur le blogue dans les derniers jours ! Pour me faire pardonner, je vous partage un des concepts que j’étudie dans mon mémoire de maîtrise. Le Новый быт (Novyj byt) est une expression que j’emprunte à Christina Kiaer. Dans les années 1920 et 1930, les artistes d’avant-garde tentaient de transformer le quotidien des gens en lien avec le développement du communisme. Sous une note plus légère, j’ai aussi l’impression que je dois m’adapter à une nouvelle vie quotidienne, me créer une routine à la russe.

Vous comprendrez qu’en cette première semaine de cours, j’étais vraiment en mode « adaptation » et je n’ai pas fait beaucoup de choses en dehors de l’université. D’ailleurs, je suis maintenant une étudiante officielle de RGGU avec ma carte étudiante. Je pense que j’ai un peu l’air russe, parce que souvent les gardes de me la demande même pas pour entrer !

Carte étudiante et café pour survivre à la session

Carte étudiante et café pour survivre à la session

 

Remarquez la Russian face ! Pas question d’être sympathique sur les photos ici. Il s’agit d’ailleurs d’une des photos du lot que j’ai du reprendre parce que la version québécoise n’était pas adéquate. Chose surprenante : je me suis rendue compte que les moscovites sont de véritables utilisateurs de photoshop et même pour des petites photos comme celle présentée. Ma version n’est pas trop pire, mais il y a de mes amis ici qui se sont fait allonger le cou, couper les oreilles et même maquiller artificiellement par ordinateur, il faut le faire !

Pour vous faire partager mon quotidien, il est aussi venu le temps de vous présenter ma coloc autrichienne, Alex (Alexandra). Vous la voyez ici avec Olivia, aussi originaire de pays que je visiterai dans deux mois (yé !)  lorsque nous nous trouvions au restaurant Vokzal, signifiant gare, et le resto est même présenté sous forme de train.

Alex et Olivia

Resto avec certains bancs rappelant les trains

Nos deux autrichiennes nous préparent un souper typique ce soir, j’ai bien hâte d’y goûter !

Je ne peux également vous écrire sans vous parler du premier cours à l’université que j’ai donné hier. Il s’agit d’un cours d’histoire de l’art pour les étudiants de troisième et quatrième années en études québécoises. Je dois monter l’entièreté du contenu des huit cours sous le thème de la « Culture artistique au Québec ». C’est très passionnant ! Pour l’instant, j’ai six étudiants, 4 filles et 2 gars, mais il est possible que d’autres personnes s’ajoutent parce qu’il y avait un conflit d’horaire hier soir. C’est à suivre mercredi prochain !

Et pour terminer, il ne faut pas m’en vouloir de moins visiter, je vous jure, il fait tellement froid que c’est de la torture de passer du temps dehors. Prédiction pour cette fin de semaine : -35 degrés. Pas étonnant qu’on ait l’air frigorifié 😉

Véro, MH, Olivier et moi face au musée d'histoire sur la Place rouge

Ok il faut vraiment que je m’achète une tuque !